On quitte rarement une situation confortable sans une bonne raison. Pour beaucoup d’entre nous, cette raison n’est pas un grand rêve flamboyant, mais un vide qui s’installe. Une perte de sens dans un métier devenu trop prévisible, un manque de contact humain sincère. C’est cette étincelle, ce besoin de retrouver de l’authenticité, qui nous pousse à nous dire : « ça y est, j’ose ».
Mais oser se lancer, ce n’est pas suivre une ligne droite vers le succès. C’est apprendre à naviguer constamment entre trois états : l’ambition, la réalité et l’épreuve. C’est un principe de vie : viser haut, se réjouir du moyen et tenir quand on est bas.
Viser Haut : L’objectif de départ
Au début, l’ambition est souvent concrète, presque une réaction à notre vie d’avant. On vise à gagner plus que son salaire précédent, à reconquérir du temps pour sa famille. On rêve d’avoir du succès, pour moi dans l’accompagnement des personnes. Cet objectif, c’est notre étoile du Nord. C’est la vision qui nous donne l’énergie de construire les fondations.
Se Réjouir du Moyen : Le carburant du quotidien
Très vite, la réalité nous rattrape. Les grands objectifs semblent lointains et le chemin est moins glamour que prévu. C’est là qu’intervient la partie la plus importante de la sagesse de l’entrepreneur : apprendre à se réjouir du moyen.
Le « moyen », ce sont ces victoires humbles mais vitales. C’est la joie du premier client qui vous fait confiance. C’est le soulagement de trouver une source de revenu alternative, comme animer une formation, qui permet de payer le loyer ce mois-ci. C’est même savoir se réjouir d’avoir eu trois rendez-vous dans la semaine alors qu’on en espérait cinq. Ce ne sont pas des millions, mais c’est le carburant qui nous permet de continuer, jour après jour.
Tenir Quand On Est Bas : Traverser le désert
Et puis, il y a le « bas ». Le vrai, le difficile. Pour un entrepreneur, le « bas » n’est pas toujours un échec fracassant. C’est souvent le silence. L’absence totale de contact pendant plusieurs jours, parfois deux semaines. Le vide angoissant après une période d’activité intense. Le doute s’installe : et si c’était fini ?
Comment tenir ? En se réfugiant. Se réfugier dans ce que l’on a déjà bâti, même si cela semble modeste. Se ressourcer dans des moments précieux en famille, qui nous rappellent pourquoi on fait tout ça. Se déconnecter pour mieux tenir.
La préparation : Anticiper le pire, espérer le meilleur
On nous parle souvent d’étude de marché, de business plan. Mais pour une idée innovante, l’étude de marché ne fait que reproduire le passé. La vraie anticipation, la clé pour oser plus sereinement, est bien plus pragmatique : c’est prévoir une épargne suffisante pour assurer le quotidien pendant les six premiers mois. C’est se donner un matelas de sécurité, non pas pour ne pas tomber, mais pour pouvoir se relever.
Cette indépendance financière est le socle d’une autre liberté, plus profonde : celle de ne pas dépendre du regard des autres sur la manière de mener notre activité. Le réseau est un soutien, mais il ne doit pas devenir une cage.
La vraie récompense : L’alignement
Avec le recul, la plus grande victoire n’est ni sur un compte en banque, ni sur un agenda. C’est quelque chose de bien plus précieux.
C’est le sentiment d’être enfin aligné avec ses valeurs. C’est de retrouver un contact plus humain. C’est l’opportunité de voir grandir ses enfants. C’est le bonheur d’apprendre, de réapprendre et de transmettre.
Finalement, oser se lancer, c’est s’offrir la chance de découvrir ce que l’on ressent quand un métier devient une passion. Et ça, ça n’a pas de prix.